Vendredi 16 septembre 2011
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Sur le fleuve Congo, les jacinthes dérivent
L'Afrique me fait mal qui nomme mon exil
je suis celui qu'on laisse à l'ourlet des rivages
Ebloui de partance, enrêvé de soleil
Sur la terre d'Imerné*, il meurt des oiseaux rouges
Moi je veille, au bord des cathédrales d'écume.
L'Afrique me fait mal. Assumant mes saisons
Sa brume de lumière emprise ma mémoire
Et pousse vers le jour profond du marigot
Calme d'eau et de vent, mes racines dormantes
Il reste l'aube aux sanglantes vigies
Un occulte silence avec ses frissons d'algue.
Afrique bafouée, Afrique rauque, Afrique
Ma part de négritude accrochée aux étés
Roule un remords sans nom, Je ne suis pas d'ici
Et l'arbre seul a su retrouver mes secrets
Un bruit d'eau vive s'enfle au jour de la mémoire:
Sur le fleuve Congo, les jacinthes dérivent.
Jean Fanchette
* Imerné : Centre montagneux de Madagascar